Les vraies raisons derrière la procrastination à prendre rdv avec un comportementaliste.

Prendre soin de son chat est une priorité pour de nombreux référents, mais lorsqu’il s’agit de passer à l’action et de prendre rendez-vous avec un comportementaliste, beaucoup rencontrent des blocages. Pourquoi (réellement) reportons-nous ce rendez-vous, malgré notre conscience de son importance ? Cette procrastination n’est jamais anodine. Elle repose souvent sur des raisons inconscientes, complexes et émotionnellement profondes.

Voici 6 raisons fréquentes qui peuvent expliquer ce frein.

1. La peur du diagnostic

La peur du diagnostic est l’une des raisons les plus courantes et pourtant les plus silencieuses. Faire appel à un professionnel implique la possibilité de découvrir une réalité inconfortable ou douloureuse. Le référent peut craindre que les comportements de son chat soient les signes d’un mal-être profond ou d’une maladie. Cette incertitude peut engendrer une anxiété anticipatoire : « Et si c’était grave ? Et si je ne peux rien y faire ? »

Cette appréhension s’accompagne souvent d’une projection dans un futur incertain, renforçant l’angoisse et incitant à repousser le rendez-vous. Recevoir un diagnostic formel, c’est se confronter à une vérité qui peut bouleverser la relation avec son chat et son quotidien.

2. La peur du jugement

Lorsque l’on sollicite l’aide d’un comportementaliste, il n’est pas rare de redouter un jugement. Cette peur peut venir d’une culpabilité sous-jacente : « Suis-je à la hauteur comme référent ? » « Ai-je fait quelque chose de mal sans m’en rendre compte ? Et si c’était de ma faute ? ».

La référent peut aussi avoir peur d’être jugé non seulement par le professionnel mais aussi par son entourage « qu’est-ce qu’ils vont penser de moi s’ils apprennent que je vais voir un comportementaliste?… »

Le référent, souvent dévoué et soucieux du bien-être de son chat, peut redouter d’être pointé du doigt pour ses choix ou ses actions passées. Pourtant, un bon comportementaliste ne juge pas ; il accompagne avec bienveillance. Mais cette peur peut rester présente, nourrissant une forme d’évitement face à ce qui pourrait être perçu comme une évaluation de ses compétences.

3. La peur du changement qui va en découler

Un rendez-vous avec un comportementaliste implique d’entamer un processus de transformation, tant pour le chat que pour son humain. Et, même si ce changement est pour le mieux, il peut être perçu comme une menace pour l’équilibre actuel, aussi imparfait soit-il.

Le référent peut craindre les ajustements qu’on lui demandera de faire : changer ses habitudes, revoir l’aménagement de l’espace, ou encore modifier sa manière d’interagir avec son chat. Ces changements peuvent sembler difficiles à mettre en œuvre ou créer une appréhension face à l’inconnu. En conséquence, la procrastination devient une manière de retarder cet inconfort anticipé.

4. La perception d’un coût émotionnel

Au-delà du coût financier, il existe un véritable coût émotionnel à consulter un professionnel. Cela demande de l’énergie, du temps, et surtout de la disponibilité mentale pour s’investir dans une démarche de changement.

Le référent peut se sentir épuisé par les problèmes rencontrés avec son chat, ce qui renforce une impression de surcharge. Ajouter un rendez-vous, des échanges et des suivis peut paraître émotionnellement écrasant. Ce poids perçu peut retarder la décision de solliciter de l’aide, même si cette dernière pourrait, en réalité, à terme, soulager le référent sur bien des plans.

5. La peur de la révélation de problèmes plus profonds

Faire appel à un comportementaliste, c’est ouvrir une porte vers une exploration plus profonde de la relation avec son chat. Cela peut révéler des problèmes personnels sous-jacents auxquels le référent préfèrerait ne pas faire face.

Par exemple, le comportement du chat peut mettre en lumière des tensions dans le foyer, des incohérences dans son environnement, ou même des émotions non résolues chez le référent lui-même. Cette perspective peut être intimidante, car elle demande une remise en question personnelle et une acceptation de vérités inconfortables. La procrastination devient alors une stratégie d’évitement pour rester dans une zone de confort temporaire.

6. L’attachement aux souffrances partagées

Un aspect plus subtil, mais très puissant, est l’attachement qui peut se créer autour des souffrances partagées. Parfois, le référent et son chat partagent une souffrance qui, au fil du temps, crée un lien particulier entre eux. Comme si leur relation n’existait et se construisait qu’autour et par cette souffrance. Ces moments difficiles donnent un sentiment de solidarité et renforcent leur connexion inconsciemment.

Paradoxalement, résoudre le problème peut être perçu comme un risque de perdre cette proximité et connexion intime. Le référent peut inconsciemment avoir peur qu’en mettant fin à la souffrance, il mette aussi fin à ce lien spécial qu’il partage avec son chat. « Si la souffrance n’est plus là : qui sommes-nous ensemble ? » . Cette inconnue et ce frein émotionnel peuvent ainsi retarder la prise d’un rendez-vous, même si cela améliorerait leur qualité de vie.

En conclusion

Ces raisons inconscientes montrent à quel point la relation humain-chat est complexe et multidimensionnelle. Procrastiner la prise de rendez-vous avec un comportementaliste n’est pas une question de priorités mal ordonnées ou de manque de volonté : c’est une manière pour le référent de se protéger émotionnellement face à des peurs et des doutes profonds.

Comprendre ces blocages est déjà un premier pas pour les surmonter. Un comportementaliste n’est pas là pour juger ou imposer, mais pour accompagner avec bienveillance le référent (en prenant en compte également ses resistances et peurs inconscientes limitantes dans le processus) et son chat dans leur évolution commune.

Alors, si tu hésites encore à franchir le pas, mets en clarté la vraie limitation sans te juger, et sache qu’à partir de cette conscience, ta démarche de consulter peut être un acte d’amour autant pour toi que pour ton compagnon à quatre pattes.

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Pour me consulter : http://www.spechalistic.fr/comportement/

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